|
Salon international de l'orchidée |
|
|
|
|
Si il est bien des expositions auxquelles on n’a pas l’habitude d’assister, ce sont les salons de la botanique. Il est vrai que l’idée de voir exposés des plantes grimpantes ou des pissenlits mobilise rarement les foules. Du coup, est-ce le fait d’un marketing intensif par les organisateurs, le prestige du lieu d’exposition, ou bien la finesse, la variété et la beauté des plantes exposées lors de ce salon qui provoquent un tel succès ? Un peu des trois sans doute. Le salon international d’orchidées de New York, the New York International Orchid Show 2006, s’est tenu sur Rockefeller Plaza du 20 au 23 avril 2006.
Prestigieux en effet était le lieu d’exposition, que rêver de mieux que Rockefeller Plaza, au plein cœur de Rockefeller center, au plein cœur de New York ? Là où cet hiver patinaient joyeusement les touristes sous l’œil doré de Prométhée, des visiteuses beaucoup moins bruyantes et beaucoup plus statiques nous faisaient l’honneur de leur visite. Des orchidées, par milliers, occupaient le concourse au sous sol de la célèbre place, et Prométhée, entouré de structures de bambou, avait fière allure sous son habillage de lumières colorées.
Pour $5, vous gagniez le droit d’assister à l’exposition et receviez une très belle brochure vous expliquant le BABa sur les orchidées. Pour 18$, vous pouviez aussi acheter un billet cumulé pour le show des orchidées et pour l’observatoire « Top of the Rock ».
A part quelques exposants maintenant leurs spécimens dans de petits terrariums, les autres espèces étaient parfaitement accessibles pour prendre des photos. Ceux qui avaient un appareil compact tendaient le bras, les autres chanceux tendaient l’objectif. D’autre vraiment détendus par contre posaient un pied dans le parterre, les sauvages. L’ambiance était un peu celle d’un feu d’artifice, sauf que cette fois ci ce sont les fleurs, d’habitudes plutôt humbles, qui explosaient de couleur, de variété, et de taille. Oh la belle rose, Oh la belle rouge, Oh la belle verte, Oh la belle… bleue ? Non non, pas d’orchidée bleue ! Comme en pyrotechnique, le bleu est très rare. C’est un scandale me direz vous. Mais pourquoi donc?
Après une étude encyclopédique sur la question, j’obtins la preuve que l’orchidée bleue est très rare, et surtout très difficile à cultiver. Et de plus elle ne sera jamais vraiment bleu pur. Le bleu pur n’existerait pas chez les fleurs, quelle déception. Même le bleuet n’est pas vraiment bleu. Pourtant c’était bien écrit noir sur blanc sur la brochure. “You will see thousands of orchids in myriad shapes, colors (except blue), textures and sizes (some huge, some microscopically tiny)”. Pour une fois qu’un show américain était présenté objectivement et sans trop de superlatifs, j’aurais du tiquer.
Il est vrai que les orchidées peuvent se trouver sous toutes les tailles. On la retrouve en épis, minuscule, ou grosse et épanouie de la taille d’une main. Les variétés aussi sont vraiment époustouflantes. Quelle beauté ! Les plus impressionnantes, pas forcément les plus esthétiques, sont les variétés possédant un énorme bulbe, ou labelle, en forme de réservoir. Il s’agit en fait d’un pétale hypertrophié. Des concours tout au long du festival récompensaient la plus belle fleur, ou la plus belle composition, ou le meilleur parfum, etc. Les deux premiers prix étaient quand même à $5000. On sent que le sponsor « top of the rock », l’observatoire du GE building, a fait recette cette année.
Bien qu’il soit dit que 75% des orchidées soient très parfumées, j’ai dû tomber sur les 25% restants lors de mes essais olfactifs. Parfum zéro. Par contre au niveau sonore, un petit fond d’ambiance cui-cui dans la jungle semblait vouloir adoucir les moeurs. Ou bien était-ce pour réduire le stress des plantes elles mêmes ?
D’immenses structures en bambou pendaient depuis le chapiteau dressé au dessus de l’exposition. Ces sculptures de bambou seraient issues de l’art floral japonais Sogetsu, école moderne datant des années 20 issue d’un mouvement plus vaste, l’Ikebana. Ces structures semblaient faire un nid autour de la statue de Prométhée. Dans le concourse, vous pouviez acheter quelques variétés de cette digne représentante du règne végétal pour des prix avoisinant les 20 à 30$. Cependant, nulle part n’était mentionné la durée de vie d’une de ces fleurs dans un appartement New-Yorkais. Je présume que cette vente s’adressait surtout aux heureux possesseurs de penthouse ou de loft à larges baies vitrées. Pourtant la brochure mentionne des exemples de personnes cultivant la noble fleur…dans leur cave, sous lumière artificielle. Si vraiment les orchidées vous intéressaient, des lectures gratuites vous présentaient les multiples concepts de l'art de la composition florale et de l'entretien de la plante.
On était donc vraiment loin des pâquerettes, des chardons et du chien-dent lors de ce salon. L'orchidée est une fleur magnifique et suffisemment spectaculaire pour justifier un véritable show à elle seule. Le cadre magnifique de l'expo, ainsi que les structures insolites donnaient véritablement du cachet au spectacle. A quand le salon de l'agriculture dans le Rockefeller Center? |
|