Pour le Macy's flower show, je pensais innocemment qu’il allait être question de fleurs certes, mais de fleurs respectables, dans une élégance raffinées comme le sont souvent les fleurs, naturelles, normales quoi, colorées et qui sentent bon. C’est donc d’un pas confiant que je me dirigeai vers le fief de Macy’s sur Herald Square à New York, à l’intersection de la 6ème avenue et de Broadway sur la 34ème rue. Mais je m’aperçus trop tard que c’est un cauchemar digne de Lewis Carroll qui m’attendait au coin du bloc. Sauf que cette fois ci, le lapin n’était ni blanc ni pressé, mais immense et placide, haut de 10 mètres, et souriait bêtement au dessus de son arrosoir sur lequel était inscrit en lettres rouges : Things are hopping at Macy’s , les choses bondissent à Macy’s.
Et les choses étaient bondissantes il est vrai : 4 stands étaient installés sur le square avec des thèmes différents, et une foule grouillante et multicolore de pressait autour des différentes activités proposées par le Magasin Macy’s, qui je le rappelle, se revendique comme étant le plus grand magasin du monde.
Je pense que j’aurais pu faire abstraction de toute cette liesse Walt-Disneysque, des personnages déguisés en toutes sortes d’animaux, de l’immense chien ballon dirigeable, des 3 chanteuses déguisées en abeille dans leur décors de tasse de thé, du perroquet à échasses, de woof-woof-wooffy, de scrapidoo et maticha (le chien et le chat gonflable, les noms ont été inventé pour les besoin de fluidité dans la narration), de l’éléphant gonflable avec de vrais gens dedans (je le sais je les ai vu entrer) si je n’étais pas tombé sur une réalité bien plus sombre que cela.
Sur le podium juste devant moi, où s’agitait un bonhomme vociférant habillé en bourdon, assisté de 3 pâquerettes souriantes, jolies quoique jaunes, sous scrapidoo et maticha eux même, se déroulait un drame sans précédent. Sous mes yeux désormais incrédules, le vociférant bourdonnait d’extase dans ses présentations des participants à … (j’en ai froid dans le dos)… un concours d’animaux domestiques. Un concours d’animaux domestiques, dans mon imaginaire naïf, c’était le défilé noble et racé de quelques chiens et chats de pedigree à l’allure droite, au poil luisant, et au regard vif.
Mais il me suffit de baisser les yeux pour découvrir que la faune qui trottinait à mes pieds n’avait rien de tel. Je crois au bas mot avoir vu tout ce que les designers pouvaient faire de plus kitsch pour un chien ou un chat. Tout le spectre de couleur était à la fête. Mon grand préféré quand même fut le Chihuahua-croisé-rat-albinos en habit de lapin rose. Très sophistiqué. Donc ces joyeux drilles, accompagnés de leurs toutous en fête, passaient l’un après l’autre devant notre ami le bourdon, qui dare-dare invitait les 3 pâquerettes à donner des notes dans un froissement d’étamines.
L’horreur fut à son paroxysme quand une petite fille du nom de Dorothy, toute mignone dans sa robe rose, au bas mot âgée de 5 ans, vint présenter son pet: il s’agissait d’un…crapaud, muni de sa petite cape de velours rouge et de sa couronne royale... Je choisis alors d’aller rapidement butiner ailleurs si j’y étais, et je m’envolais alors vers le magasin. Dans le magasin, l’univers repris sa dimension normale, rassurante, avec des vrais gens, de vrais rayons, de vraies vendeuses, et de vraies fleurs, qui par milliers, décoraient très joliment les étals et rayons.
 Ne noircissons pas le tableau, cette fête était vraiment très drôle, mis à part les quelques erreurs de goût parfois. Des acteurs et comiques professionnels animaient les différents stands et donnèrent un spectacle,le petacular bee’s bee’s et le petacular spelling show, de qualité pour les petits et les grands, surtout vocale pour nos trois compères rayées de jaune et noir. Encore une manifestation à la New Yorkaise, vivante, démesurée, excessive, ridicule voire too much, mais tellement…divertissante. |