New York Easter parade PDF Print E-mail

Chapeau MulticoloreSi vous n’aviez pas été informés au sujet de la parade de Pâques de New York (New York Easter Parade), vous auriez sans doute été surpris de découvrir cette foule hétéroclite rassemblée aux alentours de midi en ce dimanche 16 avril devant la cathédrale St Patrick sur la 5ème avenue. Hétéroclite est un euphémisme. Les New-yorkais se sont paré de leurs plus beaux atours et couvre-chefs pour cette traditionnelle parade annuelle. Les fleurs, les oeufs, les nids, mais aussi les passoires et tout un ensemble d'accessoires farfelus et bariolés étaient de mise. Chapeaux bas! 


Cette parade est une tradition qui remonte au milieu du 19ème siècle. L’élite de la société New-yorkaise assistait à la messe de Pâques dans l’une des églises en vogue sur la 5ème avenue, comme la cathédrale Saint Patrick, et défilait sur la 5ème avenue après l’office pour donner une chance au petit peuple et journalistes assemblés là de les observer dans leurs plus beaux atours, chapeaux et robes de la dernière mode et de fine facture. Evidemment à l’époque des mass media, de la télévision, des défilés de mode retransmis dans toutes les langues, cette manifestation a perdu de son intérêt originel.

NidificationMais où s’arrête la tradition et où commence le n’importe quoi? De nos jours cet événement est devenu un moyen d’exposer des chapeaux farfelus, et si certains font mine de bon goût, avec des coiffes multicolores et fleuries, il semble que le but à atteindre soit tout de même le maximum d’extravagance. Plus c’est haut, plus c’est gros, et plus c’est beau, semble avoir été la devise de cette parade. Mais avez vous dit parade ? Le groupe était plutôt statique et s’agglutinait principalement devant la cathédrale Saint Patrick. Pas de défilé donc. 

On pourrait aisément diviser les participants en trois grands groupes.

Les traditionalistes :


On pourra remarquer de très beaux costumes début de siècle, les hommes avec complet trois pièces et haut de forme, les femmes avec ombrelles, robes et dentelles. Trop peu nombreux, 4 ou 5 couples en tout et pour tout,  c’est dommage. Il semble que les vrais esthètes aient définitivement fuit l’événement. Aussi un joli couple de danseurs, en complet rose, faisait une démonstration sur la musique jouée par un trompétiste. 

Les extravagants burlesques :

Orange WomanLes beaux chapeaux fleuris, le chapeau bonzaï, le chapeau passoire, le chapeau peeps (sucreries en forme de poussin en vogue aux Etats-Unis pour Pâques), les chapeaux avec divers lapins, nids, poules, poussins et œufs... Tous les moyens étaient bons pour se mettre en valeur. Mon préféré dans cette catégorie était orange-woman, avec son ensemble chapeau-lunettes orange. Si certains étaient originaux voir presque jolis, ça frisait parfois le mauvais goût pour d’autres.

Les n’importe-quoitistes :


Ceux qui visiblement se sont trompé de parade, et ont confondu Pâques avec la gay pride, et ont ressorti leurs atours de marquises travestie, ou un personnage déguisé en Moise portant les tables de la loi et autres fantaisies douteuses…On regrettera que cette tradition se soit un peu trop démocratisé finalement.

Un peu avant midi, après la messe, les larges portes de la cathédrale s’ouvrirent et à la suite d’un groupe d’enfants de chœur, le cardinal Edward Egan, archevêque de New York fit son apparition. Il se permit quelques boutades en français à l’attention de quelques canadiens présents, et en espagnol pour une Portoricaine. Sa coiffe et sa robe en cette circonstance ne choquaient pas trop.
 
La tête dans le chouVoilà encore un événement coloré fort amusant typiquement New-Yorkais. L'idée est franchement bonne et on passera un bon moment. On regrettera cependant que l’événement ne soit pas un peu plus institutionnalisé, avec  un vrai défilé et une organisation un peu plus aboutie. Aussi l’on s’aperçoit que les New-yorkais semblent bouder la parade. Il y avait tout compte fait très peu de « vrais » participants. Peut être manque t’il une association pour promouvoir et redorer un peu l’événement, et pour aussi canaliser le thème avant une trop forte dérive et peut être malheureusement l’oubli. Affaire à suivre, l'an prochain, lors du dimanche de Pâques!